Gilad Erdan

Interview de Gilad Erdan, Ministre israélien de l’Environnement pour Direct Matin du 1er juin 2011

Le Proche-Orient fait face à un manque d’eau chronique.

Malgré les tensions politiques qui les opposent, les pays de la région se doivent de mener des efforts communs afin d’y remédier. Invité à Paris dans le cadre d’un forum de l’Union pour la Méditerranée, le ministre israélien de l’Environnement, Gilad Erdan, a ainsi pu rencontrer hier ses homologues jordanien et palestinien pour évoquer cette problématique majeure. Recyclage de l’eau, usines de désalinisation, projet de canal : les solutions sont nombreuses.

Quelles sont les solutions pour remédier à la sécheresse ?

Le problème du manque d’eau concerne Israël, mais aussi la Jordanie et les territoires palestiniens. Depuis la création d’Israël, nous avons compris qu’il s’agissait d’un problème majeur. Nous avons donc fait en sorte d’installer des systèmes pérennes pour y remédier : aujourd’hui, Israël est le leader mondial du recyclagedes eaux usées, utilisées pour l’agriculture. Et nous construisons des usines de désalinisation : en 2013, elles fourniront 600 millions de m3 d’eau par an.

Le manque d’eau risque-t-il de créer de nouveaux conflits ?

Si la sécheresse continue, cela peut créer de grandes tensions. Car le besoin d’eau va augmenter, étant donné que la croissance de la population dans la région est bien plus élevée qu’en Europe : 10% par an en Israël, plus encore dans les territoires palestiniens.

Quelles mesures sont prises pour sauver la mer Morte, en danger ?

Nous développons le projet «red dead», l’un des plus gros projets d’infrastructure au monde, évalué à plusieurs milliards de dollars. Il s’agit d’un canal qui apportera 2 milliards de m3 d’eau par an de la mer Rouge à la mer Morte. Cette dernière est l’un des plus beaux endroits au monde, mais elle perd chaque année un mètre d’eau en raison de l’évaporation. Mais y amener de l’eau peut entraîner de nouveaux problèmes environnementaux. La Ban -que mondiale mène donc des études pour les anticiper, car c’est un projet inédit. Nous attendons les résultats dans les semaines à venir afin d’avancer sur ce projet.

Les discussions autour de ces problématiques peuvent-elles favoriser le dialogue de paix ?

Nous voulons séparer les questions liées à l’eau des problèmes politiques. L’eau, c’est la vie, tout le monde y a droit. Je suis heureux d’avoir été invité à discuter de ces questions : avec mes homologues palestinien et jordanien, nous avons eu de bonnes discussions pour développer des projets bénéfiques pour tous.

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