Conseil de Sécurité des Nations Unies

La direction palestinienne a bien fait comprendre son intention de déclarer unilatéralement l’établissement d’un Etat, et de chercher l’adhésion aux Nations Unies à l’automne prochain.

Si une telle action pouvait en effet marquer une victoire politique palestinienne en éloignant encore plus Israël dans l’arène internationale, une telle victoire serait au mieux symbolique.

En pratique, la situation du peuple palestinien ne changera ou ne s’améliorera certainement pas.

 

 

Au contraire, une telle mesure, unilatérale, menace de mettre en péril la coopération juridique et administrative délicate qui s’est construite entre Israël et l’Autorité Palestinienne ces vingt dernières années dans le cadre du processus de paix d’Oslo, comprenant l’accord intérimaire sur la Cisjordanie et Gaza signé par les deux parties en 1995.

 

En effet, la coopération continue entre Israël et les Palestiniens dans quelques 40 sphères de la vie quotidienne – y compris la sécurité, l’eau, les sujets d’imposition – a amené un calme relatif en Cisjordanie et a permis une croissance économique significative dans l’économie palestinienne.

La conséquence d’un vote très politisé et amer à l’ONU, menacerait sans aucun doute la continuation d’une telle coopération stratégique et ses résultats en termes économiques et sociétales, au détriment de tous les peuples de cette zone.

En outre, ni une déclaration unilatérale de souveraineté palestinienne, ni une action politisée à l’ONU, ne pourront effectivement résoudre les difficultés en suspens qui demeurent à la table des négociations entre Israël et les Palestiniens.

Ces problèmes incluent des points cruciaux tels que le dessin des frontières, l’institution d’arrangements sécuritaires, la détermination du statut de Jérusalem, la clarification du problème des réfugiés, et l’allocation des ressources minérales vitales, entre autres.

Une approche unilatérale pour essayer de résoudre les problèmes fondamentaux, en imposant une solution acceptable pour une seule des deux parties, ne fera qu’intensifier et approfondir le conflit, de même qu’elle consolidera davantage les positions opposées.

Le rôle que le Hamas jouera dans un futur Etat palestinien est un autre sujet qui demande à être éclairci lorsque l’on considère l’action imminente des Palestiniens.

Cette question est devenue tout particulièrement pertinente et grave après l’accord de “réconciliation” récemment passé entre le Fatah et le Hamas. Inclure le Hamas comme élément clef dans un futur Etat palestinien serait tout à fait nuisible. Le Hamas reste une organisation terroriste, proscrit dans de nombreux Etats dans le monde. Il a ouvertement affirmé son rejet des conditions mises en avant par le Quartet (ONU, Etats-Unis, UE et Russie) à propos du Moyen-Orient – y compris la reconnaissance d’Israël, la renonciation à la violence, l’acceptation des accords précédemment signés entre Israël et les Palestiniens – tout en appelant sans vergogne à la destruction de l’Etat d’Israël. On ne comprend pas très bien comment le soutien à un Etat palestinien, dans lequel le Hamas jouerait un rôle intégral, pourrait servir à résoudre le conflit israélo-palestinien et à encourager la vision de deux Etats vivant en paix l’un à côté de l’autre.

Les gouvernements de gauche comme de droite en Israël ont approuvé la solution des deux Etats et ont de ce fait reconnu le droit du peuple palestinien à un foyer national comme à un Etat.

Israël appelle maintenant les Palestiniens à faire de même. Une paix réelle et durable dans la région ne sera pas obtenue par des actions politiques unilatérales à l’ONU ou dans d’autres forums, mais plutôt par la rencontre et la négociation des deux parties en vue de résoudre mutuellement les problèmes en suspens, sans conditions préalables.

Israël appelle de nouveau les Palestiniens à revenir à la table des négociations immédiatement pour compléter, une fois pour toute, le processus de paix qui a commencé il y a presque vingt ans. Ceci ne peut être obtenu qu’en travaillant ensemble de bonne foi pour faire de la vision de deux Etats une réalité durable. Sans l’accord mutuel des deux côtés, une victoire à l’ONU sera un peu plus qu’une victoire à la Pyrrhus pour les Palestiniens.

Source : Département juridique – MFA (traduction : Samuel Waintraub)

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